Tous les auteurs, qu'ils soient du XIXe ou du XXe siècle (BIZEUL, GOUDE, ERLANNING, LE BOTERF. cf. Bibliographie), puisent aux mêmes sources anciennes, à savoir entre autres, le Cartulaire de Redon, le Cartulaire de St-Maur-sur-Loire, la Chronique de Nantes, les Annales de St-Bertin, les diplômes de Charles le Chauve, etc… Et c'est ainsi que l'on voit se préciser le territoire des Namnètes que ne modifie en rien l'occupation gallo-romaine, et naître ensuite le comté de Nantes et le diocèse correspondant.
A l'origine donc, au IXe siècle, suivant le Cartulaire de Redon, apparaît le Pays de la Mée, borné par l'Océan, La Vilaine, le Semnon, l'Erdre et La Loire. La Mée est donc suivant son étymologie (lat. et celt. Media = milieu), le pays du milieu, entre La Loire et la Vilaine. Le nom de la Mée apparaît dans plusieurs documents, notamment dans une charte de Marmoutiers (entre 1064 et 1074), dans les Annales du Mont St Michel dues à Robert de Thorigny en 1158 et qui rappellent que le comte de Bretagne Conan cède au roi Henri II d'Angleterre la ville de Nantes et le comté de La Mée qui vaut 60 000 sous de monnaie angevine : « In festivitate S.Michaelis venit Conanus comes Rhedonensis et sui Britanni cum eo Abrincas, et reddidit urbem Namneticam cum toto Comitatu Mediae, valente ut fertur LX. Millia solidorum Andegavensis monetae ». (Dom Morice. Preuves I col.130) Les poètes eux-mêmes n'ignorent pas La Mée, C'est le cas de Robert Wace dans le Roman du Rou ou la geste des Normandz et de l'auteur du Roman d'Aquin ou « la Conqueste de la Bretaigne par le roi Charlemaigne. » Des sénéchaux laissent aussi leur nom dans l'administration de La Mée. Mais bientôt, à la suite des luttes entre les comtes de Rennes, de Nantes et d'Angers, le Pays de la Mée, en tant qu'unité féodale, disparaît ; c'est chose faite en 1294 ainsi que le montre le Livre des Ostz du duc Jean II puisque la baronnie de Châteaubriant fait partie du baillage de Rennes et la région de Guérande de celui de Nantes, cette même baronnie de Châteaubriant sera au comté de Rennes au temporel, mais demeurera nantaise au spirituel ; et au XIIIe siècle, « la fusion des comtés de Rennes et de Nantes dans un seul état amena sa disparition au point de vue civil et dministratif ». (A.Bourdeaut) Aujourd'hui, seul demeure le toponyme d'Ercé-en-Lamée, situé en Ille-et-Vilaine, témoin de cette époque lointaine. Notons cependant qu'un aveu rendu en 1517 par Jean de Laval, seigneur de Châteaubriant, à Louise de Savoie (mère du roi François 1er) désigne Candé sous la même forme, c'est-à-dire de Candé-en-Lamée. Il n'est peut être pas inutile de faire remarquer que dans la région actuelle de Craon (Mayenne) persistent deux lieux-dits sur les communes de Laudrière (« Le Haut-Mée ») et de Méral (« Mée »), le ruisseau de la « Mée » affluent de l'Oudon ainsi que la commune de « Mée ». Pourquoi cette convergence ? (NDLR : notons aussi que le pont à la sortie de Redon, en direction de Châteaubriant, s'appelle « Pont de la Mée ») Par ailleurs, on s'aperçoit que les limites orientales du pays de La Mée semblent assez imprécises, ce qui somme toute n'avait rien d'anormal sous l'Ancien Régime. A ce sujet, Olier Mordrel (3) pense cependant que les limites bretonnes, donc celles du Pays de la Mée ne sont pas les fruits du hasard : « Les mots finis et limes indiquaient la frontière entre deux cités. Trois localités de la Mayenne (Saint-Michel-de-Feins, Saint-Martin-du-Limet et Saint-Saturnin-du-Limet), aux confins de l'Ille-et-Vilaine, indiquent la zone qui séparait les Redones des Aulerques (et nous ajoutons les Namnètes) dans la Gaule celtique. Sur la Loire, le nom de la petite ville d'Ingrandes dérive du gaulois Icoranda, « limite ». Intéressante remarque du célèbre écrivain breton, mais nous ne pouvons le suivre quand il fait remonter la « Mée » au latin meta, borne, limite, pour la bonne raison qu'il n'existe aucun exemple dans l'histoire où il soit pris dans cette acception. Merci à Serge Jouin...
Date de création : 16/11/2006 @ 20:39
Dernière modification : 18/11/2006 @ 08:20
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bonjour recevant un catalogue littéraire, j'y découvre un ouvrage d'Hélène Legrais : Les ombres du pays de la Mée et ce mot a provoqué un "tilt " dans ma mémoire car ma grand'mère et une partie de ma famille est originaire de DERVAL, ABBARETZ et je suis né à NOZAY il y a 64 ans; Aprés une partie étudiante à Nantes, j'ai passé plus de 30ans à l'étranger, surtout en Afrique, maintenant que je me suis " posé " près de CARCASSONNE, grâce au net, c'est avec émotion et gourmandise que je découvre, et ici grâce à vous ,un peu de mes origines , je vous félicite pour la qualité de vos travaux et vous remercie pour les sentiments qu'ils me permettent d'éprouver. Sincères salutations. PS: j'ai bien noté que pour vous : NOZEIG, pour moi: NOZAY, n'est "que"limitrophe" de la Mée mais c'est tout comme et réside actuellement à 2Km d'un" pont de Mée", effectivement au carrefour de trois localités Audoises: MALVES-en-MINERVOIS,VILLALIER et TREBES. Coïncidence .....